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"Je me souviens…"

Une habitante de Gemmayzé depuis les années 50 se souvient du cinéma et des concerts

Française de 80 ans, Marie-Louise s’est installée au Liban, à Gemmayzé, avec son mari libanais depuis les années 50. Elle raconte la vie culturelle de l’époque, quand Gemmayzé baignait encore « dans un calme serein » dit-elle.
« Je me rappelle très bien le premier film que j’ai vu avec mon mari, c’était « Duel au soleil » de Gregory Lepec au Cinéma Dunia, qui était situé juste prés de l’Eglise St-Gregoire au Centre Ville. Ce cinéma présentait une grande sélection de films internationaux, et je m’y rendais très souvent. J’étais et je suis toujours une grand fan de cinéma. Le film qui m’a vraiment marquée, c’était également au Cinéma Dunia, « Les Violettes impériales » avec le grand Luis Marianno. C’était très amusant car dans la salle était diffusée un parfum de violettes pour que les spectateurs se sentent vraiment comme emportés dans le film ! Le cinéma Byblos proposait également une très bonne sélection de film comme par exemple: Sound of Music , My fair lady, Zorba… ».
« Pour moi, 1974 est pour Beyrouth l’année de l’apothéose. Pas de guerre ni de souci, les gens vivaient heureux. Le tourisme montait en flèche, ce ne sont que de très beaux souvenirs. Et à cette époque, tous les chanteurs connus devaient passer par Beyrouth, c’était une destination incontournable. Les compagnons de la Chanson, Mireille Mathieu, Nana Mouskouri, Demis Roussos, Dalida en 54, Julio Iglesias, Renatto Carusone et bien d’autres ont fait fureur à Beyrouth, leurs spectacles se tenaient à guichet fermé. Il y a avait aussi les comédies musicales, les ballets. Saviez-vous que le ballet Bolchoï s’est également produit au Cinéma Capitole ? J’y ai assisté ! »

Pierre, 62 ans, ayant toujours vécu à Gemmayzé

« Jusqu’à aujourd’hui, je ris encore chaque fois que je me rappelle le tramway que je prenais pour traverser le Centre ville. Ce moyen de transport à l’époque très populaire roulait très lentement, au point que beaucoup de monde pouvait monter et descendre en marche sans avoir à payer de billet. La technique consistait à rester à l’arrière du wagon. Quand le contrôleur montait à bord, il suffisait de descendre par la porte de derrière, de marcher à côté du tramway pour y remonter par la porte avant. Chaque fois que je voyais un voyageur faire ça, j’étais pris de fou rire. »
 

Mounir, 65 ans, résidant à Saïfi depuis son enfance

« Dans les années 60, j’adorais me placer à l’orée du quartier de Saïfi ou de Gemmayzé pour regarder la place des Martyrs et ses environs les jours de pluie. Avec les trombes d’eau qui se déversaient, les rues devenaient difficilement praticables. De cette situation est né un « petit boulot » bien particulier : des garçons proposaient aux dames de les porter jusqu’à un endroit sec où elles puissent poser les pieds sans abîmer leurs vêtements ni leurs chaussures ! C’était très amusant à regarder. Je voyais des habitantes d'Achrafieh traverser ainsi les zones les plus boueuses, pour regagner leur domicile sans trop de difficultés. »

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