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Thu, 2017-06-08 19:00
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Evolution historique

A l’époque ottomane, beaucoup de textes historiques décrivent Achrafieh comme l’une des «banlieues» de la ville de Beyrouth. Certains textes le désignent d’ailleurs comme « la ferme d’Achrafieh ». Aujourd’hui les oliviers, fraisiers et autres arbres fruitiers qui existaient à Achrafieh ont disparu. Mais le caractère agricole qui a tant accompagné le quartier demeure cependant dans les noms de certaines rues et quartiers : « Karm el Zeitoun » par exemple (ou «jardin des oliviers ») où l’on ne compte pourtant pas le moindre olivier aujourd’hui.

L’histoire contemporaine de Beyrouth débute au milieu du XIXème siècle, avec la Nahda, la révolution culturelle qui déferla sur la ville en provenance du Caire et suite à l’afflux des réfugiés fuyant les affrontements de 1860 dans la montagne entre Druzes et Maronites.

L’essor de la ville doit alors beaucoup à son port, le premier de la région à avoir été doté d’une quarantaine au XIXème siècle et aux choix de Beyrouth par les puissances occidentales pour y implanter leurs missions religieuses, leurs universités et leurs comptoirs commerciaux.
A cette époque, la ville connait une très forte croissance démographique, passant de 20 000 habitants en 1840, à 60 000 en 1860 pour atteindre 120 000 habitants environ en 1895.

Dominant le port moderne de Beyrouth et bordée par une rivière qui porte le nom de la cité, le Nahr-Beyrouth – l’antique Magoras des Romains – la colline d’Achrafieh, à l’est, culmine à 100 mètres. L’extension de l’ancien faubourg de Saïfi a donné naissance au quartier de Gemmayzeh en instaurant une continuité urbaine sur le front de mer en direction de Nahr. Saïfi avait été le quartier privilégié de la menuiserie.

L’urbanisation progressive d’Achrafieh

Dès 1850, le modèle de la banlieue verte, où les constructions étaient séparées les unes des autres par des jardins privatifs plus ou moins grands, triomphait à Achrafieh (comme dans les deux autres grands pôles de peuplement qu’étaient devenus Ras-Beyrouth et Mousseitbeh).

Ce modèle de maison installée dans un jardin privatif et ouverte au dehors est apparu dans la grande bourgeoisie après le premier essor de Beyrouth dans les années 1840. Il donnera bientôt naissance à de véritables palais sur la colline d’Achrafieh. Les propriétaires bourgeois s’attacheront à embellir les extérieurs en s’inspirant des réalisations baroques, mauresques ou néo-gothiques. Les intérieurs sont fournis en colonnes de marbre, avec des ornementations murales et des plafonds peints. L’ameublement est quant à lui copié de l’aristocratie européenne. Ce modèle d’urbanisation va se démocratiser avec le perfectionnement des techniques industrielles.

Rapidement, Achrafieh va bénéficier du prestige que lui donnaient les rues cossues de la nouvelle grande bourgeoisie commerçante, comme la rue Sursock, alors que la construction de la route de Damas va marquer un tournant dans la grande histoire commerciale de Beyrouth. 

Entre 1945 et 1955, l’urbanisation s’emballe à Beyrouth (390 permis délivrés en 1945, 1261 en 1955). La capitale passe d’une surface construite de 100000 mètres carrés à plus de 600 000. Sur les collines d’Achrafieh, les quartiers résidentiels se font de plus en plus denses et occupent peu à peu tous les espaces libres.

Dans les années 60, on perce des avenues pour relier entre eux les différents quartiers communautaires. C'est à cette époque que le ring est finalisé : Achrafieh n’est plus qu’à 3 minutes de Hamra. C’est aussi à cette période que l’avenue de l’Indépendance relie le haut de la colline d’Achrafieh à la colline de Mousseitbeh. C’est le début d’une urbanisation massive qui se poursuit encore aujourd’hui. 

Photos et illustrations tirées du site Lebscape.com

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