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Fri, 2018-06-08 19:00
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Patrimoine

Le rôle commercial et stratégique qu’occupe la ville au 19e siècle attire les investissements, notamment à Achrafieh : les lieux de culte, les hôpitaux, les institutions éducatives figurent alors les principaux monuments de la colline. Les différents quartiers qui voient le jour autour d’eux portent aujourd’hui le nom de leurs mécènes. Ainsi en 1875, le père Monot dédia « son » collège à Saint Joseph et ouvrit les portes à tous les étudiants de la ville. En 1881, l’Université voyait le jour, puis en 1888 la Faculté française de médecine.

D’autres hommages sont rendus tous les jours aux grands bâtisseurs d’Achrafieh : par exemple, le quartier de Nasra, du nom de l’auteur de l’école créée par les Dames de Nazareth.

A Jeitawi, au nord est, le cadre était encore assez bucolique pour abriter la maison de campagnes des Jésuites – qui donnera au futur jardin public son nom de jardin des Jésuites.
 

Patrimoine architectural
A ce jour, il n’existe aucun recensement officiel sur le nombre total et l’emplacement exact des anciennes demeures de Beyrouth, et plus largement du Liban. Toutefois, on estime généralement que les habitations traditionnelles représentent 2,5% de l’immobilier. L’APSAD (Association Pour la Sauvegarde et la protection des Anciennes Demeures), fondée par Lady Cochrane, est l’auteur d’une étude effectuée en 1996 (à la demande du ministre de la Culture de l’époque) qui fait état de 1 019 bâtiments traditionnels construits entre 1850 et 1940, tous situés dans les zones péricentrales, dont Achrafieh, Sodeco et Gemmayze.
Il n’existe au Liban aucun organisme public chargé de gérer le patrimoine architectural. Au Liban, les anciens bâtiments sont régis par la loi de 1933 sur les antiquités qui ne couvre en fait que les édifices construits avant 1700 : la question des maisons traditionnelles du 19e et du début du 20e siècle demeure dans un vide juridique. A Majal (observatoire académique pour la construction et la reconstruction, établi au sein de l’Institut d’Urbanisme de l’ALBA), on pense qu’une solution peut émerger grâce à l’organisation d’activités événementielles destinées aux touristes comme aux Libanais. L’idée est de permettre aux propriétaires d’anciennes demeures d’y voir une nouvelle source de revenus, autre que celle émanant des spéculations immobilières.
Dans ce même ordre d’idée, certaines demeures sont préservées grâce à leur transformation en hôtels ou en restaurants, comme par exemple dans le cas de l’hôtel Albergo (et son restaurant, l’Al Dente), installé tout près de Sodeco.

Quelques merveilles de ce patrimoine:
La Maison Barakat, qui doit être rénovée pour devenir un « musée de la mémoire », est l’un des bâtiments traditionnels majeurs de la capitale. Située à Sodeco, elle fait l’angle entre l’avenue Elias Sarkis et la rue de Damas. On l’appelle aussi la Maison jaune, pour la couleur de ses pierres. Ce bâtiment majestueux porte de nombreux impacts de projectiles datant de la guerre civile : il est placé sur ce qui fut la ligne de démarcation entre Beyrouth Est et Beyrouth Ouest. Sa première pierre a été posée en 1924. Son architecture en fait un chef d’œuvre d’avant-gardisme.

Dans le quartier de Gemmayze, le Musée Sursock était autrefois la résidence de la famille Sursock. Il est devenu aujourd’hui un musée d'art moderne. Construit en 1912, ce somptueux palais de deux étages est l'une des plus belles demeures de Beyrouth. Un escalier en marbre blanc massif permet d’y accéder. Le bâtiment est encore entouré de verdure, mais son magnifique jardin a été récemment en partie détruit pour permettre la construction d’une tour. Le musée abrite aujourd’hui la plus grande collection d’art contemporain libanais, et organise notamment chaque année le célèbre Salon d’Automne.

Le "Palais Bustros", abrite aujourd’hui le ministère libanais des Affaires étrangères et des Emigrés. Cette maison est l’ancienne résidence de la famille Bustros (éminente famille aristocratique de Beyrouth). Le bâtiment est l’un des trésors architecturaux de la capitale.

A noter que les merveilles architecturales de Beyrouth sont quasi absentes de certains quartiers. Là encore, la société civile tente d’agir en donnant à ces quartiers, peu entretenus, un aspect plus pimpant. L’association Help Lebanon a repeint il y a quelques années les façades de nombreuses maisons du quartier populaire de Karm el Zeitoun dans des couleurs pastel. Rose, bleu et autre vert pâle composent un paysage plus gai qu’un enchainement de murs de béton.
 

Les lieux de cultes

Dans un Liban aux 18 religions, Achrafieh est un quartier majoritairement chrétien. Une mosquée y est cependant implantée dans le quartier de Sodeco. Elle côtoie de nombreuses églises dédiées aux différents cultes chrétiens : catholiques, grecs-melkites, grecs-orthodoxes, maronites…

Chaque église a son histoire et fait partie du paysage et de la vie du quartier. A Gemmayze, l’église Santa s’inscrit au beau milieu des pubs et des restaurants. Quelques dizaines de mètres plus loin, l’église Saint Antoine accueille elle aussi les fidèles, le dimanche et en semaine.

Chaque année, quelques jours avant Pâques, pendant le Jeudi Saint, les chrétiens, par tradition, visitent sept églises d’affilé, s’arrêtant quelques instants dans chacune d’elles pour se recueillir.

Joanne, 24 ans, rédactrice, résidant à Gemmayze : « J’aime beaucoup cette tradition des sept églises. On n’a pas beaucoup de chemin à parcourir pour en trouver sept… dans mon quartier, entre Monot et Gemmayze, il y en a au moins huit ! »

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